Alfred HITCHCOCK: L'homme qui en savait trop
Les débutsAlfred Joseph Hitchcock naît le 13 août 1899 dans la banlieue de Londres. Ses parents, William et Emma, sont épiciers en gros et Alfred est le dernier de leurs trois enfants : l'aîné William est né en 1890 et la cadette Eileen en 1892. Dès son plus jeune âge, il est un enfant solitaire et peureux. Il avoue lui-même ne pas avoir eu d'amis dans son enfance et passer son temps à jouer seul. Certains éléments marquants de son enfance se retrouveront dans ses films. Ainsi, il est plusieurs fois questions du métier d'épicier - cf. Agent Secret, Frenzy. De même, l'aversion très visible de Hitchcock pour la police - en fait pour les policiers, montrés incompétents - s'explique par un rapide séjour au commissariat, alors qu'il était âgé de seulement 4 ou 5 ans. Enfin, les religieux sont aussi souvent critiqués à travers ses films ; Hitchcock avait en effet été placé par ses parents catholiques dans un collège de Jésuites et il en a gardé un très mauvais souvenir, notamment à cause de sa crainte des châtiments corporels.
Contrairement à d'autres réalisateurs plus "littéraires", Hitchcock montrera très tôt un goût pour la technique. Son perfectionnisme lui vaudra par la suite de nombreuses scènes cultes.
Sa carrière cinématographique débute en 1922 alors qu'il tente de produire et réaliser son premier film - Number Thirteen - mais le projet sera abandonné. Hitchcock est ensuite assistant metteur en scène dans la compagnie fondée par Michael Balcon. C'est ainsi qu'en 1923, il rencontre sa future femme Alma Reville lors du tournage de Woman to woman. En 1926, il réalise son premier film - The Pleasure Garden - puis un second la même année - The Mountain Eagle - qualifié par Hitchcock de mauvais film et d'ailleurs désormais perdu.
La période anglaiseLe premier grand film du "maître du suspense" est sans aucun doute The Lodger, réalisé en 1926. On y retrouve la plupart des éléments des prochains succès : une jeune femme blonde, un assassin, un homme accusé à tort... Les films qui suivent ne remporteront pas un grand succès et certains seront même décriés par Hitchcock lui-même, tel Champagne! (1928). 1929 marque une année charnière puisque son film Chantage connaît d'abord une version muette par volonté de la production, puis une version parlante, Hitchcock ayant fait des enregistrements en cachette. Désormais, tous ses films seront parlants.
De nombreux films, de plus en plus justes, suivront. Certains rencontreront un vif succès tel L'homme qui en savait trop (1934) dont un remake sera fait en 1956. Le thème de l'innocent accusé à tort et obligé de s'enfuir pour prouver son innocence apparaît dans maints films de la période anglaise ; citons par exemple Les 39 marches ou Jeune et innocent. Vers la fin des années 1930, Hitchcock commence à avoir une certaine réputation auprès du public américain ; alors au sommet de son art, David O. Selznick lui propose de partir à Hollywood. Désormais, il réalisera tous ses films en Amérique.
La période américaineSelznick voulait qu'Hitchcock réalise Titanic ; néanmoins Hitchcock parvient à imposer son film - Rebecca (1940). C'est le premier de sa période américaine. Des tensions naissant entre les deux hommes, il fit le choix de s'autoproduire. Au début des années 50, il crée aussi une série télévisée intitulée "Alfred Hitchcock Presents".
Les films réalisés et produits par Hitchcock entre 1954 et 1963 sont en général considérés comme ses plus grands chefs-d'oeuvre. Citons notamment Sueurs froides (1958) ou Psychose (1960). Avec les Oiseaux en 1963, Hitchcock tente de faire réfléchir le spectateur sur la place de l'Homme : "Et si mère Nature reprenait le dessus ?".
Les films qui suivront seront moins personnels - peut-être aussi moins ambitieux. L'âge commence à se faire sentir, le cinéma est en crise à cause de l'arrivée de la télévision dans les ménages et Hitchcock a perdu deux de ses plus proches collaborateurs : Bernard Herrmann, son musicien, et Robert Burks, le directeur de la photographie. Sans être toutefois des "navets", les films réalisés après Marnie (1964) n'ont pas la même dimension que ceux de son âge d'or.